Paseando por Madrid, en mode « bi-langue »

 

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Madrid, 22 avril 2015

Je vais tâcher d’écrire dans le bus (le nº 53)…heureusement assise…, mais ce n’est pas évident…

Nous voilà à Madrid à nouveau, 4 ans après notre dernière visite. Quel plaisir, quel bonheur, retrouver les amis de toute une vie. Le temps passe, mais ne les change pas, toujours la même chaleur, le même amour partagé, le même accueil si enthousiaste.

Le ciel azur est à peine parsemé de nuages blancs. Les odeurs m’envahissent, pêle-mêle, sans filtre. Si différentes de ma verdoyante Loire-Atlantique. Comment les définir ? Un âcre mélange de poussière (oups, nous longeons la Plaza de Toros), de transpiration, de plastique chauffé et de gaz…

Sur la place de Ventas, une longue file attend patiemment son tour pour acquérir les mythiques billets “Sol y Sombra”…il est vrai que nous approchons des fameuses fêtes de San Isidro. Une jeune femme en blouse blanche accompagne un vieux Monsieur, qui peine à mettre un pied devant l’autre. Aucun signe de stress là non plus, sommes-nous vraiment dans une capitale européenne ?

Une voix suave annonce avec force détails chacun des arrêts du bus ; elle nous donne l’heure, nous informe sur les correspondances avec les autres bus ou le métro. Moderne, non ? Ici les malvoyants ne sont pas oubliés. La plupart des “voyageurs” ont le nez penché sur leur téléphone. Si jamais ils me voient écrire avec un stylo sur du papier, ils vont me croire tout droit parachutée d’une planète bien étrange ! Les petites enseignes défilent et s’enchaînent : zapaterías, agencias de viajes, bares con jamones colgando, bancos, peluqueros, ópticas…¡Me encanta Madrid! Lotería, jamonerías…Tiens, il me semble qu’il y a davantage de vétérinaires qu’à l’époque où je vivais ici.

Nous traversons la M30. Je ne connais pas vraiment ce côté-ci. Quartier réputé aisé, près du Lycée français. Escuela San Juan Bautista…Je me demande si je n’y ai pas donné des cours de français pour l’Alliance française de Madrid, il y a très longtemps. Sur la gauche, j’aperçois la silhouette élégante de la Torre Picasso, qui fut un temps le gratte-ciel le plus haut d’Espagne.

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J’arrive à destination. C’est le terminus de cette ligne. Je fais ma petite course et hop, je vais reprendre le même bus, dans l’autre sens…Quand je suis en Espagne, les pensées m’assaillent indifféremment en français et en espagnol…El sol calienta mis piernas en la parada…¡Qué gustito! Ya viene el autobús. La gente (mayor sobre todo) está allí, chillando, interpelándose…no se conocen, ¡qué más da! Desde cuándo hace falta conocerse para hablar juntos…Sonrío…Desde fuera un señor se dirige a otro, mayor, sentado en el autobús.

  • Y tú, ¿por qué no bajas?
  • ¡Qué es la última parada!
  • ¡Bájate y a fichar otra vez!

Parece que le está regañando pero, ¡qué va!, está bromeando. Es una manera como otra de entablar una conversación…Ahora se ha levantado el señor mayor y está hablando con el conductor…

Un cartel enorme cubre un edificio entero, que probablemente está en obras. Me recuerda mucho la foto de Yann Arthus Bertrand tan famosa del corazón verde. Y aquella exposición que tuvo un impacto fenomenal aquí en Madrid. ¿Será que sigue en las memorias?

Una chica conversa por teléfono detrás de mí. Me hace gracia…Parece enfadada…

  • Ayer comí solo queso fresco y tortilla francesa. Tengo tanta hambre, paso de comer comida sana…

Me siento bien aquí…Vale, los olores no son exquisitos, igual los sonidos no son más que ruidos, pero a mí me suenan a vida, vida alegre…y comprendo por qué me ha gustado tanto vivir en Madrid durante 15 años de mi vida…

 

 

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Marie-Christine