Échanges d’un autre temps : vive les lettres !

Récits de vie épistolaires

À la veille du départ de mon fils pour l’Espagne vers une aventure Erasmus, et alors que je suis délicieusement plongée dans l’accompagnement à l’écriture d’un récit de vie ponctué de magnifiques lettres d’amour (datant de l’après-guerre), je me suis demandé à quoi je devais un si fort attachement aux échanges épistolaires.

Ayant connu les deux modes de communication, je me permets de les comparer. Certes, les messages reçus aujourd’hui sont toujours attendus avec impatience et font très plaisir, mais ils sont teintés de….comment dire…un petit « goût de trop peu ». L’émotion ressentie à l’écoute du petit « cling », notification sonore informant de la réception d’un texto à coup sûr lacunaire, est à mon sens en rien comparable à celle qui m’inondait lorsque, éloignée des miens, je guettais – le cœur battant – le passage du facteur.

L’espoir fait vivre, dit le dicton. C’est vrai. Les jours « avec », je reconnaissais immédiatement l’écriture sur les enveloppes que je m’empressais d’ouvrir : une amie, un amour, ma maman…les 3 à la fois les jours pléthoriques…bonheur absolu ! Je buvais leurs mots qui m’accompagnaient des jours durant, et j’avais hâte de leur répondre à mon tour.

À défaut de poursuivre ces échanges d’un autre temps en l’absence de correspondants (prenez-le comme une invitation ! ;-)), je compense parfois par la lecture d’écrits épistolaires d’autrui, fictifs ou réels, classiques ou plus actuels…parmi mes préférés : Les lettres de Madame de Sévigné, Les Liaisons dangereuses, la correspondance entre Albert Camus et Maria Casarès, ou encore l’échange d’opinions et de ressentis sur la crise que nous traversons entre l’auteur Pablo Servigne et le dessinateur suisse Tom Tirabosco Le Grand chambardement.

Écrire des lettres me manque tellement que j’en arrive à inventer des nouvelles épistolaires, comme dans le recueil Raconte-moi une histoire, où les anecdotes des résidents d’un Ehpad sur leur jeunesse des années 50 en Vendée m’ont inspiré ce récit : Battages et mariage

Nouvelle inspirée de collecte de témoignages

Et vous, quel rapport entretenez-vous avec les lettres d’antan ? En avez-vous écrit ? Vos parents et grands-parents en ont-ils échangé ? Les ont-ils conservées ?