Pitufín et VOUS

Le jardin secretPitufín me manque et VOUS me manquez… « Quelle comparaison flatteuse ! », me diriez-vous non sans une pointe d’amusement bienveillant, pour peu que vous me lisiez.

Mais vous ne me lisez plus, car je ne vous écris plus…À quoi bon ? Plusieurs courriers sans réponse ne sont-ils pas la preuve d’un réel désintérêt ? J’ai laissé s’esquisser devant mes yeux avides la silhouette d’une amitié…spéciale, comme je les aime. Oui, bien sûr, toutes les amitiés sont spéciales, uniques, particulières et singulières. Mais il en est d’encore plus spéciales car empreintes d’un grand mystère, de questionnements difficilement solubles, qui en font tout le piquant.

Mais quelle idée saugrenue de vous associer à Pitufín dans mes pensées ? Mon Pitufín, si discret et à la fois, si présent. Je croyais que je pouvais compter sur lui pour m’épancher quand je le souhaitais, me raconter, me confier, me plaindre, juger, jauger, remplir ses deux petites oreilles de tout mon débordement d’opinions. Et lui, toujours près de moi, égal à lui-même, sans un mot de trop, sans un mot tout court…À l’écoute ? Qui sait ? En tout cas, je ne l’ai jamais entendu se plaindre, ni de mon fréquent enthousiasme, ni de mes découragements tout aussi fréquents, mais heureusement fugaces.

Pour être honnête, j’attendais davantage de votre part que de la sienne. Un retour, un échange, équilibré. En ces temps durs où presque toutes mes amitiés spéciales me semblent derrière moi, bien derrière moi, j’ai voulu me raccrocher à l’éclat d’une étoile amicale à atteindre, à découvrir et à façonner, ensemble…mais l’étoile s’en est allée, elle a filé.

Tout comme Pitufín ! Plusieurs fois par jour, je me penche à la fenêtre dans l’espoir de l’apercevoir, de même que je m’incline à la fenêtre de ma boîte mail, dans l’espoir d’y lire votre nom. Pitufín me fait plus d’honneur. Il daigne parfois sortir de sa cachette, se tenant à une distance raisonnable. Non, il ne retournera pas à la maison, il n’en est pas question ! Craignez-vous que je ne vous emprisonne aussi dans une relation non désirée ?

Je tiens trop moi-même à la liberté pour risquer d’en priver qui que ce soit. Sans nouvelles, je me plais à vous imaginer foulant les herbes de contrées lointaines, léger et joyeux, ignorant mon sentiment de délaissement, à l’instar de Pitufín, mais contrairement à lui, sous le joug d’absolument aucune menace féline.

Mais il est vrai que VOUS, vous n’êtes pas un malicieux hamster un peu trop épris de liberté, qui s’est échappé de sa cage dorée, bernant ma douce vigilance, et qui campe désormais tel un ermite, sous la cabane du jardin.

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