Échanges linguistiques

 

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DSCF6113En cette période de rentrée, je ne peux m’empêcher de me replonger un an en arrière et me souvenir de celle qui fut ma « fille adoptive » pendant 3 mois, Jule. Quelle belle expérience ! Si c’était à refaire…

Mon fils aîné a eu la chance de pouvoir commencer à étudier l’allemand à l’école primaire. Nous vivions pourtant à ce moment-là à l’extrême-ouest de la France, à Brest (peu après notre retour d’Espagne).

La chance, oui. Ayant enseigné à cette même époque l’espagnol à des classes de CE2 et de CM1, je puis affirmer que les élèves prennent beaucoup de plaisir à communiquer dans leur nouvelle langue (quelle qu’elle soit) qu’ils étudient de façon essentiellement ludique.

Il a eu de la chance à nouveau que le directeur de sa nouvelle école (en Loire-Atlantique cette fois) fasse son possible pour qu’un professeur d’allemand vienne faire cours à pourtant peu d’élèves de l’établissement.

De la chance encore qu’à son entrée en 6e il existe une toute nouvelle classe bilangue, allemand-anglais dans son collège. Et comme si elle le poursuivait, tandis qu’il réfléchissait à son orientation et que ses enseignants l’encourageaient à approfondir encore sa maîtrise de la langue germanique, il a appris qu’un autre professeur d’allemand avait eu le courage (oui, oui, le courage car cela demande un investissement énorme de monter ce genre de projets) d’ouvrir une section Abibac un an auparavant dans un lycée de Vendée, pas trop loin de chez nous.

Bien sûr, il n’a pas encore son double diplôme en poche, mais il peut déjà bien communiquer dans plusieurs langues (en anglais aussi) et il connaît 2 cultures différentes, 2 modes de vie, c’est déjà un avantage énorme.

Justement, revenons à cet échange obligatoire du cursus au lycée et à notre petite Jule. Bon, petite, c’est une façon de parler car elle était la plus grande de la famille, du haut de ses 14 ans !

En quoi ces séjours dans la famille et l’établissement scolaire de son correspondant sont-ils le plus profitables ?

 

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DSCF3322Dans le cas de mon fils qui, de par son parcours scolaire, avait de bonnes bases linguistiques, ça lui a permis d’acquérir outre du vocabulaire, une fluidité certaine et surtout de comparer des modes de vie et d’apprentissage différents, ce qui est forcément très enrichissant, ne serait-ce que sur le plan humain. Il a adoré le rythme scolaire en Allemagne et les rapports entre profs et élèves, semble-t-il bien plus « cools » là-bas. J’ai cru comprendre qu’on laisse davantage d’autonomie aux élèves allemands, ils doivent plus se prendre en main pour « se forger » de nouvelles connaissances et compétences. Le moindre temps de cours lui a permis de pratiquer beaucoup de sport et par ce biais, de se faire beaucoup d’amis parmi les élèves de sa classe. Ceci dit, côté « gastronomie », il était bien content de revenir en France ;-). On ne peut pas tout avoir…

Ma « fille adoptive », pour sa part, nous a avoué vers la fin de son séjour, que les premiers jours elle ne comprenait pas un traître mot de ce que nous disions :-). Il faut dire qu’elle avait très peu d’heures de cours de français à son actif (à peine 2 ans au gymnasium). Courageuse et déterminée malgré tout, elle ne voulait pas que nous lui traduisions quoi que ce soit. De toutes façons, avec moi les conversations auraient vite tourné court, une fois que j’y aurais placé mes maigres connaissances de la langue de Goethe : Achtung et Ich liebe dich…C’était un peu tôt encore pour les déclarations…

Quel dommage, l’heure de son départ a sonné alors que depuis quelques semaines nous pouvions tenir de longues conversations, sur n’importe quel sujet ! À partir du moment où elle est entrée à l’internat (où 2 élèves françaises l’ont invitée à partager leur chambre) et au lycée, ses progrès ont été fulgurants. Elle se faisait parfaitement comprendre, même si ses phrases étaient parfois ponctuées d’erreurs. Et elle était tellement fière (et surprise) de cette communication soudain devenue facile…

Avant son départ, j’ai demandé à Jule ce qui l’avait frappée, interpellée, intéressée dans son expérience française. Elle a trouvé très étonnants les rapports « punitifs » entre profs et élèves : les menaces de mot dans le carnet de correspondance, ne serait-ce que pour 2 minutes de retard, etc. Le rythme scolaire lui a paru presque « barbare » : tant d’heures assis sur une chaise, à ne pas pouvoir dire ouf, et la quantité de devoirs (« Après les devoirs, je suis au bout de ma vie ! »). D’un point de vue purement linguistique, la fréquence du mot « putain » dont ses copains français usent et abusent pour enjoliver leurs phrases l’a fort amusée et l’utilisation de « on » pour dire « nous » l’a beaucoup déroutée…

En famille, elle était surprise qu’il y ait toujours un plat chaud à table le soir. La première phrase qu’elle ait apprise était : « On va manger », mais je crois surtout que celle qu’elle a le plus souvent prononcée a été : « Tu peux me passer le pain et le beurre ? » ;-)…

Et vous, avez-vous vécu un échange linguistique ? Qu’en avez-vous retenu ? Qu’en avez-vous appris ?

 

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